Flash infos
Accueil / Témoignages

Témoignages

Katucia, 22 ans, mère célibataire

Ma réussite, je la dois à FORMAPROD

Katucia est une jeune mère célibataire de 22 ans, ayant deux enfants en charge. Elle vit à Ambatolahy où elle faisait ses études jusqu’en classe de 4ème.  Elle n’avait pas grand-chose à faire à part aider sa mère à faire les tâches ménagères. Elle s’ennuyait car, malgré son âge, elle et ses enfants dépendent encore de ses parents, faute de revenu. Elle était tellement désespérée qu’un jour, lorsqu’elle a entendu parler des appuis de FORMAPROD envers les jeunes, elle a saisi l’opportunité et s’est installée à Morondava pour suivre une formation en coupe et couture à l’ECCOVA. De retour dans son village natal, elle a monté son petit atelier et a mis en pratique tout ce qu’elle a appris. Depuis, elle s’est fait pas mal de clientèle. «Je dois ma réussite à la formation que FORMAPROD m’a offert. Actuellement, j’ai un métier passionnant et le revenu que je gagne quotidiennement me permet de nourrir mes enfants, d’acheter leurs vêtements et de payer leur frais de scolarité. J’arrive même à aider mes parents, étant encore sous leur toit. Mais j’acquerrai mon indépendance quand j’aurai ma propre maison » a –t-elle dit.

 

Agathe, 25 ans, célibataire

J’ai pu réaliser mon rêve le plus cher

A environ 30km de Miandrivazo, dans la partie Ouest de Madagascar se trouve un petit village appelé Ibofo. C’est là  qu’habite Agathe, une jeune femme de 25 ans, qui a renoncé définitivement à ses études après deux tentatives échouées à l’examen officiel BEPC. Comme tout jeune au chômage, elle était encore à la charge des parents comme les sept autres enfants dans la maison. Agathe en est la plus jeune.  En 2016, quand elle a appris que le programme FORMAPROD offre des formations aux jeunes ruraux, elle s’est inscrit et a suivi une formation sur la culture de haricot et d’arachide au Centre de formation CAFPA Mahitsy Antananarivo, trois mois durant. Puis elle est revenue dans le village qui a bercé son enfance. Ayant reçu des matériels et des semences de la part du programme, elle a cultivé des haricots dans les parcelles de terrain que son père a octroyé. Sa famille l’a beaucoup aidé lors des travaux dans les champs. Agathe a bien suivi les techniques culturales et avec 60Kg de semences, elle  a  obtenu six (06) grands sacs pleins d’haricots soit environ le triple de ce qu’elle a mis en terre. « Mes récoltes, je les ai reparti en deux : une partie a servi pour le renouvellement des semences et l’autre a été commercialisé pour financer la construction de ma maison. Et c’est ainsi que j’ai pu réaliser mon rêve le plus cher, celui d’avoir ma propre maison » a-t-elle confié. Notons que dans la société où Agathe vit, une jeune fille ayant sa propre maison est traitée avec la même considération que les  femmes mariées. Pour la prochaine saison, la jeune Agathe prévoit d’acquérir des nouveaux terrains pour y cultiver près de 200kg de semence.

 

« Augmentation de revenu »

Merlin, 27 ans, célibataire

J’ai deux activités qui me procurent des revenus

Il s’appelle Merlin, il a 27 ans et il a abandonné l’école depuis longtemps, faute de moyens. Il vit à Aboalimena dans le district de Belo sur Tsiribihina avec son grand frère qui fait office de père. Il l’aidait à cultiver la terre à la manière conventionnelle et pour se faire un peu d’argent, Merlin faisait de la projection vidéo tout en utilisant les matériels de son frère aîné. Un jour, il a été invité, malgré lui,  à une séance d’information-sensibilisation sur les appuis de FORMAPROD aux jeunes ruraux  effectué par un agent du programme. Après avoir consulté son frère, il a décidé de tenter sa chance en participant à la formation. Il a appris, entre autres, les pratiques améliorées de la  culture d’arachide pendant un mois et demi. De retour, il a cultivé sur 01Ha et a récolté 50 sacs d’arachide. « Je ne regrette pas d’avoir fait cette formation  car c’est grâce à elle que j’ai obtenu des belles récoltes qui m’a permis d’acquérir 01 Ha de terrain et deux zébus. Par ailleurs, afin d’améliorer mes revenus, je me suis offert des nouveaux matériels de projection vidéo (ndlr : groupe électrogène, poste tv, lecteur DVD ampli et  baffles). Actuellement j’ai deux activités qui me procurent de l’argent. Je ne dépends plus de mon grand frère, au contraire, je l’aide à s’acquitter des obligations financières au sein de la famille » a –t-il confié. Le jeune Merlin  compte doubler sa production lors de la prochaine saison.

 

« Installation des jeunes formés »

Dimby 29 ans, père de famille

Mieux vaut démarrer avec le peu qu’on a

Etant un des bénéficiaires du programme FORMAPROD dans le district d’Anjozorobe, le jeune Dimby a suivi une formation technique de 12 jours en porciculture auprès d’un Centre de formation (CAFPA) sis à Mahitsy, en juillet 2017. Il était tellement impatient de mettre en pratique ses acquis au point qu’au lieu d’attendre son kit d’installation (porcelets et alimentation de porcin), il s’est offert les 04 porcelets nécessaires au lancement de sa ferme d’élevage avec l’argent que lui et sa femme ont mis de côté. Car sa femme vend des fruits et du pain au marché local alors que lui, gagne de l’argent en faisant du travail journalier. Il a financé sa propre installation. Résultats, à seulement un mois de la formation, le jeune Dimby commence déjà son activité, suivant les techniques qu’il a appris. C’est lui qui fabrique l’alimentation de ses animaux à partir de produits agricoles. Il dit ne pas regretter ce qu’il a fait et incite ses pairs à faire pareil « les jeunes formés, n’ont pas intérêt à attendre le kit au risque de perdre à la fois du temps et des connaissances, ils peuvent démarrer avec le peu qu’ils ont comme moi. Avec les 04 porcelets que j’engraisse ici pour atteindre le 100kg dans huit mois, j’empocherai mes premiers bénéfices évalués à 1.600.000 MGA (soit 500USD), si j’arrive à vendre chaque animal à 1.000.000 MGA (312 USD). Ce qui fait que chaque porc engraissé dégage 400.000 MGA de bénéfices nets » dit-il. A 29 ans, Dimby trouve son métier passionnant et capable de subvenir aux besoins de sa petite famille.

 

« Actions envers les plus démunis »

RABOZY Hélène ; jeune mère de 4 enfants

Je suis une référence pour les  femmes

Elle s’appelle RABOZY  Hélène, elle est trentenaire et elle fait partie des 28 jeunes femmes vulnérables bénéficiaires des appuis du programme FORMAPROD dans le district de Manakara région de Vatovavy Fitovinany. « J’ai quatre enfants à charge mais je n’avais  ni qualifications pour trouver de l‘emploi, ni de terre pour cultiver, je vivais seulement de l’aumône. J’étais tellement pauvre que les gens préfèrent m’ignorer. Et pourtant je n’ai pas baissé les bras, j’ai rejoint  l’Association Miombompo créée à l’initiative de l’équipe locale du Ministère de la Population. Puis ce dernier a sollicité le programme FORMAPROD pour contribuer à l’amélioration de nos conditions de vie. C’est ainsi que moi et mes pairs avons pu suivre les  formations en aviculture, en culture de haricot et d’arachide. On nous a donné des semences et des petits matériels agricoles après la formation. Ayant constaté ma détermination à progresser, les gens m’ont offert leurs aides : il y en a qui m’a donné une parcelle de terre, certains membres de la famille et des voisins m’ont aidé lors des labours et de la culture. Quand les haricots ont poussés, beaucoup de femmes m’ont approché pour apprendre les techniques que j’ai suivi. Je suis très contente car grâce à la formation, je ne suis plus marginalisée par la société et j’ai de quoi à nourrir mes quatre enfants. Je peux même dire qu’actuellement  je suis une référence pour les femmes en matière développement. Moi qui étais le rebut de la société il n’y a pas longtemps ». a-t-elle rappelé.

 

« Entrepreneuriat »

Oswald, leader de l’Association AINA

Nous avons inventé l’éminceur à pédale

Oswald et ses quatre collègues, ont monté leur atelier de forge à Anivorana Est, district de Brickaville en 1985. A l’époque, ils fabriquaient seulement des petits matériels  tels la bêche, le couteau, la hache, etc. Mais il y a quelques années, ils étaient contraints d’élargir leurs activités afin de satisfaire une demande en forte progression. «Nous nous sommes d’abord constitués en association dénommée AINA pour faciliter la recherche de partenariat. Et en 2014, le programme FORMAPROD a répondu favorablement à notre demande, puis il nous a envoyé au Centre de Formation et d’Application du Machinisme Agricole (CFAMA) d’Antsirabe pour nous  former en fabrication et maintenance des matériels agricoles et en ouvrage métallique. A cela s’ajoutent le management d’une association et la gestion d’une exploitation familiale. A notre retour, ledit  programme nous a doté d’un  groupe électrogène, d’un poste de soudure, d’une meuleuse etc. Ce qui nous a permis d’accélérer les travaux tout en améliorant la qualité. Grâce aux appuis de FORMAPROD, nous sommes actuellement en mesure d’honorer des grosses commandes de matériels agricoles (ndlr : charrue, herses, batteuse, bêche…) ou d’ouvrage métallique.  Nos talents affutés par les formations ont fait que nous pouvons même inventer des nouveaux matériels à l’instar de la machine à pédale destinée à émincer les gingembres et les curcumas » raconte-t- il. Cette invention a effectivement réduit  les activités post récoltes des gens dans cette localité.

 

« Alphabétisation fonctionnelle semi intensive »

Randrianandrasana 27 ans, marié et père d’un enfant

On me respecte et on ne me trompe pas

« J’ai toujours un pincement au cœur à chaque fois que je repense à ces années où l’on a abusé de moi à cause de mon ignorance. A l’époque, il m’était très dur de demander à quelqu’un d’écrire ou lire mon nom car les gens se moquaient de moi. Mais le plus douloureux c’est quand je vends ma production au marché: je ne savais ni le poids ni les valeurs de mes marchandises et je ne pouvais qu’accepter ce qu’on me donne ». C’est avec autant d’amertume que Randrianandrasana, jeune homme de 27ans, marié et père d’un enfant,  raconte sa vie d’avant.

Et c’était ainsi jusqu’au moment où il a appris que l’équipe de FORMAPROD organise des séances d’alphabétisation pour les jeunes. Il s’est inscrit et a fini les deux cycles de formation. «A présent, à part les techniques culturales que j’ai appris, je sais lire, écrire et calculer. On me respecte et on ne me trompe plus ». ajoute-t-il. L’alphabétisation fonctionnelle semi-intensive a été initiée dans la zone du Programme et notamment en Menabe et Melaky afin de faciliter l’accès des jeunes ruraux aux formations techniques et aux informations commerciales de tout genre. De nos jours,  les régions Menabe et Melaky comptent 3500 néo alphabétisés.